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Entreprendre en 2017

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Cette année cela fera 7 ans que j’ai été licenciée. Les choses avaient commencé à se gâter pour moi en janvier… un très mauvais début d’année qui laisse encore des traces aujourd’hui. Un mal pour un bien finalement, car comme beaucoup de femmes qui se lancent, quelque soit leur idée ou leur projet, le déclencheur n’est pas toujours une partie de plaisir : un licenciement, une maladie, un enfant aux besoins particuliers, un déménagement, une expatriation, un burn-out, une insatisfaction générale, un manque… les causes sont nombreuses et pourront vous toucher vous aussi en 2017. Nous sommes en effet de plus en plus nombreux(ses) à repenser notre carrière, non, notre travail tout simplement. Nous recherchons les valeurs et non le montant, nous voulons donner du sens à nos actions, que toute cette énergie dépensée au cours de l’année ne soit pas  consumée en vain, pour rien…

Choisir un travail qui nous ressemble, se construire le travail qui nous correspond : quel beau programme pour 2017 ! Mais voilà, entreprendre ne s’improvise pas toujours, il y a des choses bien entendu qu’on apprend sur le tas comme on dit, un tas de super choses, et il y en a d’autres qu’on aurait aimé avoir su avant. A « l’époque », entreprendre me semblait facile, le statut d’auto-entrepreneur venait tout juste de voir le jour – je crois que je me suis déclarée dans les deux premiers mois en me disant que c’était si simple (et c’était l’idée) et que je trouverais bien une modèle de business qui me conviendrait – mais depuis plusieurs millions ont rejoint ce statut représentant une concurrence déloyale pour beaucoup d’artisans et autres entrepreneurs. Le nombre croissant d’individus souhaitant tenter leur chance dans l’aventure entrepreneuriale ou profiter de ce mouvement économique et social pour augmenter leurs revenus a changé la donne et remodelé le paysage de l’entreprenariat français. L’idée de départ était de pouvoir donner une chance à tout porteur de projet de se lancer de façon assouplie, aujourd’hui beaucoup tentent leur chance sans avoir conscience de tout ce que cela implique. La charge de travail est souvent sous-estimée mais peut être accusée en donnant un coup de collier, en se faisant accompagner, en déléguant….

D’autres éléments extérieurs demandent, quant à eux, une compréhension du nouvel environnement dans lequel les entrepreneuses et entrepreneurs de 2017 évolueront désormais :

  1. Le statut de l’autoentepreneur : Dans la ligne de mire du gouvernement  depuis 2012, ce statut a été bien décrié et a du faire face à bien des obstacles. Il semble plus compliqué  pour les fonctionnaires ( et nombreuses sont les enseignants à souhaiter monétiser leur créativité) d’obtenir désormais l’autorisation de se déclarer auto-entrepreneur, un temps partiel est en effet requis pour pouvoir prétendre au statut d’auto-entrepreneur. Mais bonne nouvelle pour les autres : des assouplissements sont prévus en  2017 : comme le réhaussement des seuils de chiffre d’affaires pour 2017, l’assouplissement du stage obligatoire, la non-obligation d’un compte bancaire dédié ! Plus d’infos détaillées sur les changements attendus en 2017 pour les auto-entrepreneurs : ici.
  2. Les plateformes de vente pour créateurs : attrayantes de par toutes les fonctionnalités techniques qu’elles proposent (paiement par carte bancaire, traduction des fiches produits dans plusieurs langues…), leur nombre de vendeurs ne cesse d’augmenter et rend votre visibilité de nouveaux entrants et de ceux existant toujours plus difficile. En 2012, à son arrivée en France, le géant du fait-main en ligne comptait déjà 800 000 boutiques. En 2014,  le rachat de la plate-forme française A Little Market comptant déjà 90 000 vendeurs vient renforcer leur stratégie de conquête du marché français. Si les deux marketplaces restent indépendants et que le second a conservé « ses propres expériences acheteurs et vendeurs des (…)  suite à cette acquisition », ils ont tout deux désormais développé une forte identité et image de marque auprès de leurs clients qui à la question « oh quel beau collier, quelle est la marque de ce bijou ? » la réponse évidente est « oh je ne sais plus bien mais je l’ai trouvé sur Etsy ». Le créateur non conscient de ce risque peut facilement perdre sa propre identité au profit du géant qui pourtant lui a permis cette vente.
  3. La nécessité d’une marque forte : on comprend donc facilement que pour s’assurer un maximum de ventes directes et indirectes (ventes vous arrivant par un client vous ayant recommandé auprès d’une tierce personne, ayant parlé de son dernier achat fait-main…), dans un tel contexte (sans parler de l’immensité du reste du web), l’entrepreneur va devoir redoubler d’efforts pour se démarquer du lot et imposer son nom de marque pour que ce dernier voyage, s’impose et se reconnaisse. Se construire une identité et une image de marque est un long travail qui mérite une réflexion stratégique. La bonne nouvelle est qu’il n’est jamais trop tard pour s’y mettre. Notre prochain livre portera justement sur ce sujet : Créer sa marque et son identité visuelle (ed. Eyrolles – sortie printemps 2017)
  4. L’utilisation croissante du mobile : les ventes de smartphones ne faiblissent pas dans le monde et en particulier en France où le nombre de mobiles vendus en 2016 devrait avoir atteint les 22 millions d’exemplaires. Pour vous donner une idée de ce nombre faramineux (le nombre de 0 peut facilement nous perdre), cela signifie qu’un français sur 3 vient d’acheter un nouveau smartphone, quand on sait que près de 60% des français étaient déjà équipés de smartphones au début 2016, on se doute que ces même français sont nombreux à renouveler leur appareil pour accéder à des fonctionnalités toujours plus à la pointe. Internet ayant désormais élu domicile au fond de nos poches et de nos sacs à main (recharger sa batterie en cours de journée étant aussi devenue vitale pour ne pas manquer un appel et resté toujours plus connecté), nous n’avons plus besoin de nous asseoir à un bureau avec un ordinateur pour naviguer sur le web. Les recherches se font donc aussi sur mobile pour la moitié des utilisateurs de mobiles. Comprenant ces données, il est impératif qu’en 2017, votre site et vote blog soient « responsive » : que leur format de lecture s’adapte aux écrans de nos téléphones.
  5. Les réseaux sociaux : site et blog ne sont pas vos seuls points de présence en ligne à soigner cette année. Les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans le développement de tout business en ligne. S’ils participent aussi à votre référencement (ne négligez d’ailleurs pas Google+, le réseau de Google), ils vous permettent de construire votre communauté de clients et de prescripteur, de dialoguer avec les utilisateurs de vos produits/services, et de travailler votre capital sympathie. Mais voilà, encore une fois, le nombre de membres ne cessant d’augmenter (Facebook – premier réseau français avec 30 millions d’utilisateurs soit près de la moitié de notre population !), la visibilité des pages pros se complexifie et réduit de plus en plus vos chances d’être vus en 2017. Facebook sélectionne le contenu qu’il montrera à vos followers, seuls 10% de vos fans verront votre dernier post, et seuls ceux qui « like » ou « partagent » seront susceptibles de voir votre prochain post…. Il est donc grand temps de réduire notre dépendance aux réseaux sociaux, de repenser notre utilisation de ces outils, de nous positionner différemment et d’éviter les copier/coller d’un réseau à l’autre.
  6. Du contenu utile : publier une photo bombardée de hashtags n’a aucune valeur ajoutée, votre dernière création, les nouveautés sur votre boutique en ligne…. tout ce contenu est inutile pour l’internaute. Lui apporter conseils et recommandations est par contre un plus qui lui permettra d’apprendre, de gagner du temps, d’économiser en argent ou en énergie. En créant et en rédigeant du contenu de qualité utile, répondant à une question précise et résolvant une vraie problématique, vous vous distinguerez cette année des autres acteurs du web. Ainsi, le post le plus lu sur mon blog est celui intitulé : « Savez-vous bien vous servir de Pinterest ? » qui totalise désormais plusieurs dizaines de milliers de vues. Vraisemblablement utile, ce contenu est a été partagé et référencé sur les moteurs de recherche en conséquence. Google est en effet désormais capable de juger de la pertinence des contenus qu’il visite chaque jour, cette intelligence artificielle est en train d’optimiser ses filtres et son algorithme est de plus en plus difficile à tromper.
  7. L’importance du visuel : les utilisateurs du web maîtrisent désormais tous les aspects du digital : de la pratique de logiciels à la rédaction de contenus pertinents sans oublier l’importance du visuel. Le net est avant tout visuel, on le parcourt rapidement, on s’attarde sur ce qui attire l’oeil, sur ce qui est beau, professionnel. L’amateurisme a de moins en moins de place et de chance de survie. Allez faire un tour sur la fonction recherche d’Instagram et vous serez bluffée par la qualité des photos qui s’y partagent. Exit les filtres, les Instaurateurs dont les compteurs explosent sont ceux qui maitrisent la photo. Solange Tardy de Cachemire et Soie vous explique sur son blog et pendant ses formations, comment vous aussi arriver à la maîtrise de cette pratique qui demande bien de la pratique. Créer une boutique en ligne et afficher des photos « ok » c’est désormais se tirer une balle dans le pied. Toute votre marque repose sur ses visuels, sur ces photos qui vont véhiculer votre image, votre travail et votre univers. Soigner son image, cela passe donc pas le soin que vous apporterez vos visuels cette année. Pour vous améliorer : Shoot, nouveau livre traduit par les ed. Eyrolles.
  8. Les valeurs : ces photos participeront, au même titre que vos mots, au partage de vos valeurs. « Les consommateurs français sont (…) attirés (…) par les modes de consommation valorisant l’humain et prêts à donner du sens à leur pouvoir d’achat ». acheter fait-main, acheter artisanal, acheter local, participer au tissu associatif local, participer à l’économie locale, sont autant de valeurs que vous pouvez véhiculer et autant de pouvoirs que vous donnez à vos clients. Il est temps de capitaliser sur des messages de vérité en 2017. Misez sur le retour des circuits courts, encouragez la consommation collaborative et respectueuse de l’environnement, sensibiliser les français à la sauvegarde de nos savoir-faire…. sont devenues vos missions. Si vous ne portez pas enfin garants et messagers des valeurs qui sont les vôtres, 2017 se passera sans vous .
  9. Les consom’acteurs : connectés, sur-informés, le consommateur n’est plus une victime du marketing. Il devient difficile de lui mentir, il ne se laisse plus abusé et prend désormais ses décisions en connaissant de cause. Il est attentif aux origines des produits qu’il achète, à ses contenus, son procédés de fabrication, son empreinte carbone. Il considère avec attention le vendeur ou la marque à laquelle il fera confiance. Il achète de façon réfléchie et raisonnée. Il se responsabilise et se discipline. Les nombreux reportages récents sur l’industrie du textile  non-respectueuse de leur main d’oeuvre employée, sur les composants nocifs de nos produits d’entretien, sur les conditions de rémunération des éleveurs français… ont éveillé nos consciences sur nos modes de consommation. Nous ne voulons pas contribuer à l’enrichissement d’industriels non-scrupuleux, nous rejetons désormais en masse les lobbies démasqués (lire cet article d’Asaline sur les négoces de graines désormais stériles). Nous devenons, peu à peu de nouveau, acteurs de notre consommation et orientons nos achats vers  les vendeurs qui comme nous ont adopté cette philosophie protectionniste. 2017 s’annonce comme une année responsable de l’humain et de la Nature (du moins espérons)le !)
  10. Revenir au réel : le commerce en ligne connait une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années, mais rassurons-nous 70% des français préfèrent encore réaliser leurs achats en magasin. Le commerce physique a encore de beaux jours devant lui et pallie justement au manque de contact humain en ligne. Le consommateur a besoin de toucher, de sentir, d’essayer, de parler et de vivre une vraie expérience physique. Si tout créateur n’a pas la possibilité, la capacité ou tout simplement la volonté, d’ouvrir son propre point de vente (soyons réaliste une telle opération est coûteuse), l’e-entrepreneur aura tout intérêt a imaginé des points de contacts physiques avec sa clientèle : marché de créateurs, coworking, revente en boutiques, participation à des salons, retrait des commandes locales ou remise en main propre, ateliers créatifs, événements régionaux…. les solutions sont nombreuses et auront le mérite de vous rapprocher de vos clients tout en développant votre réseaux de partenaires locaux et nationaux.

Vous le constatez : dans cette liste de 10 points à considérer pour commencer ou continuer à entreprendre en 2017, aucune innovation majeure ne vient changer la donne profondément. Et pourtant des évolutions continuent de venir remettre en question notre façon de faire, de communiquer et de commercialiser notre travail. Profitez donc de 2017 pour consolider votre présence online, faire mûrir votre business et éviter de tomber dans le piège de la saturation digitale.

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1 Commentaire

  • Reply SOPHIE JEZEQUEL

    Merci beaucoup Sophie-Charlotte pour cet article très intéressant. Bonne continuation à vous. Sophie

    30 janvier 2017 at 11 h 52 min
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