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Comprendre, ENTREPRENDRE

Le SLOW Entreprendre

slow-entreprenariat

Ce post s’adresse aux entrepreneuses désireuses en 2017 :

>> d’entreprendre sereinement

>> de (re)donner du sens à leur business créatif

>> de repenser leur vie professionnelle

Maman de 3 enfants, avec un mari souvent absent, donc pas vraiment d’homme dira-t-on pour nous épauler physiquement au quotidien. Comme pour beaucoup d’entre vous, la grossesse et la maternité ont déclenché (ou réveillé) un besoin d’indépendance professionnelle en travaillant autrement. Envie d’entreprendre, de lancer son projet, de créer, je ne vous apprends rien, si vous lisez ces lignes, c’est que vous avez vous aussi eu cette envie et ce ressenti. Cela fait près de 5 ans que j’ai lancé mon activité, sans étude de marché, sans recherches préalables, juste au feeling. A l’epoque, je ne comptais pas mes heures de travail, les nuits courtes et les conseils gratuits. S’informer, échanger constamment avec les acteurs du fait-main, du digital, de l’entreprenariat pour transmettre ensuite conseils et témoignages… c’est ce qui m’anime tous les jours. Mais la maternité a aussi fait ressurgir en moi des souvenirs d’enfance, de ce que j’ai vécue petite, de ce qui me semblait plus simple à l’époque : des parents présents, du temps devant nous, peu de rush, la nature, les animaux…. des futilités simples qui semblent avoir disparu de nos vies actuelles.

Je suis aussi hyper-connectée : smartphone, wifi, réseaux, l’écran est un peu mon deuxième MOI. Ma vie se passe autant online qu’offline.… J’aime écrire, j’ai depuis quelques années beaucoup écrit : des posts de blog, des articles de presse, des interviews, des formations, des propositions de collaboration…. Je ne me suis jamais étourdie mais je me suis fatiguée, certes à faire quelque chose qui me plait mais au point d’en oublier l’essentiel. Après la sortie de notre tome 1 (Vendre et Mettre en avant ses creations, aux ed. Eyrolles), nous avons repensé notre carte de nouvelles formations et avons proposé de nouveaux programmes qui a notre grande surprise n’ont pas fonctionné comme nous l’espérions. Si le livre voyait les ventes grimper et les commentaires positifs s’accumuler, nos stages eux stagnaient voire ne séduisaient plus. La concurrence ne nous a pas aidées certes, nous a aggacées aussi mais cette “rupture”, nous a permis de nous poser de nouvelles questions, de nous tourner vers d’autres activités que nous aimions et qui étaient tout aussi rémunératrice (en satisfaction et en euros tant qu’a faire).

A côté de mon activité indépendante, je suis formatrice avec en salle de cours des étudiants plus jeunes, moins motivés des fois, une autre cible qui me demande aussi des recherches, des écrits et du temps. Le temps nous manque cruellement, je travaille souvent en décalé avec des horaires hors-norme. Forcée de constater que je ne pouvais plus faire tout ce que j’avais déjà fait avant (notamment avec l’arrivée de mon troisième enfant) , j’ai aussi compris que je n’avais plus besoin d’en faire autant. La pression qui pouvait me gagner etait celle que j’avais moi-meme créée. En prenant mes distances, sur le rythme des publications sur mon blog par exemple, j’ai réalisé qu’il etait possible de ralentir. Prendre le temps ne signifie pas tout arrêter. Est-ce une forme de maturité ? de sagesse ? de fatigue ? ou tout simplement une nouvelle mentalité qui a grandi en moi? Certainement un mix de tout…

Je n’ai pris conscience de tout cela que récemment. J’ai senti grandir ce besoin de retour aux sources, dans ma façon de faire, de consommer, de penser, de vivre et pourquoi donc pas de travailler ? Je suis devenue plus SLOW, ou plutot addict au SLOW. Cet adjectif anglais qui signifie littérallement “lent” est celui que j’ai choisi pour ce post car il représente bien l’esprit que je souhaite inculquer et partager avec vous. Ce terme dans son utilisation plus moderne n’est pas connu ou encore compris de toutes et il me semble important de vous en dire plus sur le sujet avant de continuer….

 Le SLOW, c’est quoi ?

Internet fait désormais partie intégrale de nos vies, les objets connectés ont envahi notre quotidien et nous n’en sommes qu’au début ! Le digital bouleverse les codes et les habitudes de vie. Dans notre façon d’acheter, de chercher, de nous organiser, le web est devenu un réflexe et Google notre meilleur ami (mais l’est-il vraiment ?). Quand on fait notre métier, c’est en plus un formidable outil de travail qui permet d’accéder a une audience mondiale, de faire des rencontres, de mettre en place des partenariats… et tout ca à distance sans meme avoir à sortir de chez soi !

Plus besoin de lire la presse, des livres, d’aller au cinéma ou de regarder la télévision, tout tient dans notre ordinateur et notre smartphone. Le risque de s’en contenter est grand, d’autant que le contenu disponible en ligne est illimité, s’actualisant tout le temps à une vitesse grand V. L’instantané, le “tout tout de suite” est devenu notre exigence. Facebook nous prive aussi du coup du contenu réel : surcharge de liens à visiter, nous finissions par ne plus en visiter aucun, continuant de scroller vers le bas sans arriver finalement nulle part.Nous perdons de vue l’essentiel, ce qui nous intéresse vraiment. Le web peut developper chez nous une vraie boulimie d’information dont il nous faut prendre conscience. Doit-on etre au courant de tout ? De quelle information avonz nous vraiment besoin ? Cela est-il en relation avec mon activité, mes goûts, mes envies, ma curiosité, mes valeurs ? Je vous invite à ce sujet à lire le post de Sandrine sur la diète médiatique.

Il en va de même pour notre consommation. Le déclic pour moi fut la lecture d’un article de presse vous pouvez retrouver le sujet très bien explique ici : http://www.asaline.fr/semer-ses-graines-de-legumes-et-fleurs-organiser-la-resistance-douce/ Le ressenti d’une manipulation à l’échelle mondiale qui touche même les ressources naturelles, chose dont je n’avais jamais pris conscience avant. L’industrialisation de nos vies a fait de nous des consommateurs aveugles. Il est grand temps de repenser nos vies, nos habitudes de consommation et de passer à l’action. Prenons-nous en main et appliquons cette bonne volonté et cette bienveillance à notre activité aussi.

Face à cette multitude qui nous envahit, se developpe un nouveau courant qui si on y prête attention, n’a rien de nouveau si ce n’est son retour parmi nous. Il est donc important que vous compreniez ce qui se cache derrière ce mouvement et ce terme de SLOW. Voici des liens vers deux articles qui vous en diront plus sur ce mouvement recent. Je vous  recommande de les lire avant de continuer :

http://www.elle.fr/Societe/Les-enquetes/Et-si-on-essayait-la-Slow-life-1471624

http://www.cles.com/enquetes/article/slow-life-vers-de-beaux-lents-demains

Pour moi et bien d’autres, le SLOW est bien plus qu’une mode. C’est un état d’esprit que l’on peut décliner dans bien des domaines de notre vie personnelle et professionnelle, les deux étant souvent intimement liées. Connaissant désormais bien le public des entrepreneuses créatives que j’“étudie’” et “pratique” depuis déjà 5 ans, je suis persuadée que les créatrices ont besoin de ce mouvement pour réussir et s’épanouir.

Vivre SLOW c’est par exemple consommer moins mais consommer mieux. Et vous êtes les premières à savoir qu’un achat de créations fait-main a plus de sens qu’un objet industrialisé et fabriqué en Chine. Vous êtes donc les actrices de ce mouvement. Il vous faut commencer par en prendre conscience. On parle même outremanche de  »slow money » pour faire allusion aux circuits courts, à la consommation durable, locale et donc responsable. Et vous à quoi ressemble votre consommation ?

Vive SLOW c’est aussi courrir moins mais courrir mieux. Il nous manque toujours du temps. Nous voulons faire plus en moins de temps. Hors par la seule loi physique du temps, c’est un combat perdu d’avance. Alors oui, on peut augmenter ses performances, son ratio efficacité, on peut mieux s’organiser. Mais nous y perdons beaucoup de plaisir. Hors votre travail d’indépendante, vous l’avez aussi choisi pour le plaisir qu’il procure. Apprécier ce que nous faisons au moment où nous le faisons. Accepter que le temps est en fait notre allié.

Vivre SLOW c’est travailler moins mais travailler mieux. Nous ne pouvons pas tout faire dans une journée, dans une semaine. Nous sommes des éternelles insatisfaites aux to-do lists qui n’en finissent pas. Nous ne sommes jamais contentes car rien n’est jamais terminé. Mais c’est ca créer, c’est une évolution permanente. Vous ne terminez jamais car il n’y a pas de fin ! Entreprendre, en fait, c’est sans fin. La seule fin est celle que vous donnerez en fermant boutique. Vous êtes en quête perpetuelle de la suite et c’est ce qui vous “drive”. Ce qui vous conduit vers l’épanouissement dont vous avez tant besoin.

Vive SLOW c’est être plutôt qu’avoir. Avoir des fans, des clients, des idées…. On confond trop souvent ces deux auxiliaires. Etre c’est plus difficile qu’avoir en fait. Et on ne sait pas toujours comment faire. On sait avoir mais on ne sait pas être. Revenir aux sources, c’est aussi comprendre qui nous sommes. En sachant ce qui nous anime, ce qui fait battre notre coeur, ce qui nous donne envie de travailler à son compte, on re-apprend. On comprend. On arrête de vouloir avoir plus, on devient juste une personne différente avec ses différences valorisantes. Et on le sait, c’est notre difference qui fait de nous quelqu’un d’exceptionnel. C’est cette exception qu’il vous faut trouver avant d’envisager une quelconque suite. Nous avons toutes le droit d’être différentes, de sortir du moule, de la norme. Assumer cette différence est une autre paire de manches, je vous l’accorde.

En somme, le SLOW c’est (re)donner du sens. Et c’est bien là, le but de cet article : (re)donner du sens à votre travail, donner du sens à vos créations, vos prestations et votre activité.

Je vous invite donc à réfléchir sur vous, ce qui peut vous sembler un peu trop philosophique, et bien moins terre à terre de ce dont vous avez l’habitude ici sur ce blog. Je vous parlais en effet pour la plupart du temps de “business”, de “ventes”, de “co » mais aujourd’hui je voudrais vous aider à construire les bases. Les bases du changement, le vôtre. Découvrir vos fondations. C’est un peu comme si vous achetiez une vieille maison, vous emménagez rapidement dedans, tout se passe bien, vous vous sentez bien chez vous, et puis des problemes matériels surviennent, vous coûtent du temps, de l’argent et vous tracassent. Dans ce cas de figure, il faut toujours trouver les causes de la panne. C’est le même exercice pour vous ici : Qui êtes vous ? Quelles sont vos valeurs ? A quoi sont dues vos pannes ?

Le SLOW entreprendre : entreprendre autrement

Quand on se lance dans l’aventure de l’entreprenariat, c’est avec la secrète (pas si secrète) envie de réussir. On n’imagine mal qu’on puisse vouloir se planter. On a souvent peur de l’échec, c’est ce qui nous freine pour la plupart du temps, ce qui nous retient et nous empêche d’innover, de tester, de prendre des risques. Si j’avais écouté cette petite voix, celle qui a peur de tout et ne fait jamais rien, je n’aurais jamais lancé mon activité et je ne serais pas en train d’écrire ces lignes. Je suis d’ailleurs bien souvent obligée de me répéter que je ne raconte pas d’histoires, que je n’ai rien inventé et que ma réflexion est fondée puisqu’elle se base sur vos experiences !

Ai-je reussi ? Grande question, car elle suppose une fin en soi. Je préfère parler de bilan à un instant T. On regarde en arriere, on contemple le chemin parcouru et on se dit qu’on a bien fait, qu’on ne regrette rien. Le chiffre d’affaires que je dégage chaque année est conséquent mais insuffisant pour une famille de 3 enfants. Mais pour autant, j’ai le sentiment de réussir. Réussir est une verbe qu’on devrait conjuguer au présent et non au passé comme dans la question qui débute ce paragraphe. Je réussis à partager, à fédérer, à aider, à encourager. Les Entrepreneuses Creatives sont clairement une réussite. La réussite est donc personnelle et évolutive. Nos livres réussissent dans leur mission : celle d’aider les créatrices et de leur apporter les bases dont elles ont besoin pour se lancer et se développer. La réussite n’est pas ici basée sur la vente ou sur des sommes en euros mais bien sur des valeurs que sont le partage et la transmission.

Revenons-en donc aux valeurs. Ce qui nous habite et qui fait de vous une entrepreneuse et donc une professionnelle pas comme les autres. Quelle est pour vous votre plus belle réussite personnelle et la plus belle réussite professionnelle ? En quoi pensez-vous réussir aujourd’hui ? Qu’est ce qui vous empêche de continuer à réussir  ?

Par exemple, lors de l’écriture de notre second livre “Le guide des Entrepreneuses Créatives” – ed. Eyrolles – j’avais pour ma part constamment deux choses qui m’empêchaient d’en finir la rédaction : “il ne sera jamais aussi bon que le premier !” et “qui suis-je pour donner autant de conseils ? Je suis loin d’être parfaite. J’ai pu surmonter ces craintes en me répétant qu’: “il ne s’agissait pas d’une compétition entre le premier et le second livre, il etait différent, et il fallait lui laisser sa chance” (il a d’ailleurs permis de relancer les ventes du premier, chose à laquelle nous n’avions pas pensé) et puis “nous ne sommes pas des entrepreneuses parfaites, nous n’avons pas la science infuse” mais ce que nous écrivons n’est autre que la modélisation de ce que nous voyons se passer sous nos yeux, nous nous appuyons sur des cas concrets et nous faisont intervenir des experts à travers des interviews et des témoignages”. Comme quoi les apriori sont de vrais tueurs de réussite ! Le doute fait partie intégrante de l’enteprenariat : c’est un combat de tous les jours.

Un autre exemple d’obstacle rencontré est la rédaction de mon livre en solo “Réveillez votre créativité” – ed. Eyrolles. Les événements du 13 novembre 2015 (la fusillade du Bataclan notamment) et l’état d’urgence dans lequel notre pays entrait alors, m’a fait voir les choses sous un autre angle. Mon projet de livre me senblait tellement futile voire inutile. Je ne servais strictement à rien en écrivant un livre sur la créativité pour les créatives. Bien que le contenu de ce livre soit en fait une réponse au manque de sens dans nos vies et au manque d’inspiration, il m’était impossible de le voir comme tel de par le contexte dans lequel nous évoluions. Notre perception de notre environnement nous empêche d’apprécier objectivement notre travail, nos émotions le rendent totalement irrationel. Ralentir et adopter le SLOW entreprendre nous permet d’accuser nos émotions et de les détacher de notre travail effectif pour prendre des décisions plus rationnelles, moins subites. Le SLOW entreprendre est un concept qui devrait éviter l’attente, l’amertume, la déception, la frustration et l’épuisement.

 

Ecoutez d’avantage cette petite voix qui vous retient et vous conseille toujours mal.

Sachez lui répondre positivement.

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7 Commentaires

  • Reply Natacha

    Magnifique, vrai, sincère, tout est là… je me retrouve aussi dans tes paroles et la lecture récente de Heureux comme un Danois le porte aussi. Vivons slow et vivons hygge, c’est aussi un partage de bonnes ondes avec nos amis d’autres pays

    14 février 2017 at 6 h 28 min
  • Reply Manolys

    Que dire de plus? Je te suis en silence depuis un moment mais là je dois te dire que je ne peux rester muette: si j’avais ta plume j’aurais pu écrire ces lignes! Ça fait tellement de bien de voir que nous ne sommes pas seule(s) à ressentir les choses de cette façon, effectivement pas toujours facile à assumer car quand vous dites à votre entourage que vous lancez votre entreprise on attend naturellement de vous une attitude « speed » et non « slow »….merci

    14 février 2017 at 10 h 17 min
  • Reply jijihook

    Merci pour ce super article, tellement vrai et juste. Je me reconnais dans beaucoup des problématiques que tu soulèves. Je crois que c’est important de se poser toutes ces questions avant d’entreprendre.

    14 février 2017 at 17 h 09 min
  • Reply Asaline

    Superbe article Sophie-Charlotte ! Il résonne beaucoup en moi !
    Merci pour le clin d’oeil à mon article, cela me touche ♡

    28 février 2017 at 11 h 48 min
  • Reply Véronique

    Merci Sophie Charlotte pour cet article qui fait totalement écho à ce que je ressens en ce moment. Dans ma vie professionnelle antérieure, c’était le « speed » qui primait, chaque projet poussant l’autre. En créant ma petite entreprise, j’ai le désir de plus de « slow » mais cela semble incompatible avec la réussite. Hâte de pouvoir échanger avec vous sur ce point notamment bientôt. Merci encore !

    28 février 2017 at 19 h 39 min
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